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Données propriétaires en 2026 : mesurer sans dépendre des cookies tiers

  • Agence M2M
  • 25 août
  • 4 min de lecture

La disparition annoncée des cookies tiers a longtemps servi de compte à rebours à l’industrie publicitaire. Puis, en avril 2025, Google a confirmé le maintien de son approche actuelle dans Chrome : les utilisateurs continuent de gérer leur choix dans les paramètres, sans nouveau message autonome imposé à tous.


Faut-il en conclure que les marques peuvent revenir à leurs anciennes habitudes? Non. Les navigateurs, les appareils et les plateformes demeurent fragmentés. Les exigences de consentement restent présentes. Surtout, une entreprise qui connaît ses clients uniquement à travers les tableaux de bord d’un intermédiaire ne possède pas une base de mesure durable.


À retenir


  • Le maintien des cookies tiers dans Chrome ne supprime ni la fragmentation ni les responsabilités liées à la vie privée.

  • Une donnée propriétaire est recueillie directement, mais elle n’est jamais synonyme de permission automatique.

  • Le consentement doit être compréhensible, contextualisé et lié à des fins précises.

  • Une mesure solide relie les données du site, du CRM et des ventes aux résultats d’affaires.

  • Collecter moins, mais mieux, produit souvent des décisions plus utiles.


La meilleure donnée n’est pas celle que l’on peut accumuler. C’est celle que le client comprend, que l’entreprise peut protéger et que l’équipe peut réellement utiliser.

Le débat sur les cookies masquait un enjeu plus profond


Le cookie tiers n’était qu’un mécanisme parmi d’autres. Le vrai problème est la dépendance : dépendance à un identifiant que l’on ne contrôle pas, à une attribution opaque et à des audiences qui peuvent disparaître lorsque les règles d’une plateforme changent.


Les données propriétaires, souvent appelées first-party data, proviennent d’interactions directes : inscription à une infolettre, demande de soumission, achat, rendez-vous, préférence déclarée ou comportement observé sur un environnement contrôlé par l’entreprise. Leur valeur vient de leur proximité avec la relation client. Cette proximité exige aussi davantage de responsabilité.


Tableau de bord de statistiques marketing affiché sur un ordinateur portable

Photo : Carlos Muza, publiée sous licence CC0 via Wikimedia Commons.


Ce que la recherche nous apprend


La littérature universitaire rappelle que la confidentialité et la performance ne peuvent pas être pensées séparément. Dans une étude portant sur 3,3 millions de réponses à des campagnes d’affichage, Avi Goldfarb et Catherine Tucker ont observé une baisse de l’efficacité déclarée après l’entrée en vigueur d’une réglementation européenne limitant certaines formes de ciblage. Cette étude historique ne prédit pas directement le marché canadien de 2026, mais elle montre qu’un changement d’accès aux données peut modifier la performance publicitaire.


Alexander Bleier et Maik Eisenbeiss ont pour leur part démontré, à partir d’expériences en contexte réel et en laboratoire, que l’efficacité de la personnalisation dépend du moment et de l’endroit où la publicité apparaît. Une personnalisation très poussée pouvait fonctionner tôt dans le parcours, puis devenir moins efficace avec le temps; l’intrusion perçue jouait un rôle important. Autrement dit, plus de données ne signifie pas automatiquement une meilleure expérience.


Le consentement comme élément de design


Au Canada, le Commissariat à la protection de la vie privée recommande de présenter dès le départ les éléments clés : quels renseignements sont recueillis, avec qui ils sont partagés, à quelles fins et quelles conséquences peuvent découler de la collecte. Le choix doit être clair, et les explications détaillées peuvent être organisées en plusieurs niveaux.


Pour une PME, cela signifie qu’une bannière générique ne suffit pas toujours. Le formulaire, l’infolettre, l’outil d’analyse et le CRM doivent raconter la même histoire. La personne devrait comprendre pourquoi une information est demandée et ce qu’elle recevra en échange. Cette section est une orientation marketing générale et non un avis juridique.


Construire une base de mesure en cinq couches


1. Une carte des données


Listez chaque renseignement recueilli, sa source, sa finalité, son emplacement, sa durée de conservation et les personnes qui y ont accès. Les doublons et les champs jamais utilisés deviennent immédiatement visibles.


2. Un vocabulaire commun


Définissez précisément une demande qualifiée, une vente, un client actif et une source marketing. Si l’équipe utilise trois définitions différentes de la conversion, aucun tableau de bord ne pourra rétablir la vérité.


3. Des identifiants utiles et limités


Une adresse courriel ou un numéro de client peut aider à relier des interactions, mais seulement lorsque la collecte est justifiée et protégée. Évitez de conserver une donnée simplement parce qu’elle pourrait servir un jour.


4. Une activation cohérente


Utilisez les préférences déclarées pour adapter les messages, la fréquence et les offres. La personnalisation doit apporter une utilité visible : raccourcir une recherche, rappeler un service pertinent ou éviter des communications inutiles.


5. Une mesure reliée aux revenus


Les impressions et les clics sont des signaux, pas des résultats finaux. Reliez les campagnes aux demandes qualifiées, aux rendez-vous, aux ventes, à la marge et à la rétention. Lorsque l’attribution individuelle devient incertaine, les tests géographiques, les périodes témoins et les tendances agrégées peuvent compléter l’analyse.


Un plan réaliste pour les 90 prochains jours


  1. Auditer les formulaires, pixels, intégrations et listes actuellement utilisés.

  2. Supprimer les champs sans finalité claire et réécrire les demandes de consentement en langage simple.

  3. Faire correspondre les événements du site aux étapes réelles du processus de vente.

  4. Créer un tableau de bord limité à cinq ou six indicateurs de décision.

  5. Tester une amélioration à la fois et documenter les résultats.


La confiance est aussi un actif marketing


Une stratégie de données propriétaires n’est pas un projet purement technique. Elle touche la promesse faite au client, la qualité de l’expérience et la capacité de prendre de bonnes décisions. Chez Agence M2M, nous considérons que la mesure la plus durable est celle qui demeure compréhensible lorsque les outils changent : une donnée obtenue avec clarté, reliée à un résultat réel et utilisée avec retenue.


Sources


  • Google Privacy Sandbox (2025), « Next steps for Privacy Sandbox and tracking protections in Chrome ».

  • Commissariat à la protection de la vie privée du Canada, « Lignes directrices pour l’obtention d’un consentement valable ».

  • Commissariat à la protection de la vie privée du Canada, « Guide sur la protection de la vie privée à l’intention des entreprises ».

  • Goldfarb, A. et Tucker, C. E. (2011), « Privacy Regulation and Online Advertising », Management Science, 57(1), 57-71. DOI : 10.1287/mnsc.1100.1246.

  • Bleier, A. et Eisenbeiss, M. (2015), « Personalized Online Advertising Effectiveness », Marketing Science, 34(5), 669-688. DOI : 10.1287/mksc.2015.0930.

  • Dubé, J.-P. et coll. (2025), « The Intended and Unintended Consequences of Privacy Regulation for Consumer Marketing », Marketing Science, 44(5), 975-984.

 
 
 

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